Quatre ans, 1 460 jours, 35 040 heures, 2 102 400 minutes (j’espère
que tu m’autoriseras à simplifier à quatre ans, parce qu’on ne sait
même pas quelle date choisir).
Des centaines de milliers de messages, pas beaucoup de flammes sur
Snap, beaucoup trop de nourriture engloutie et surtout un nombre
incalculable de moments gravés dans ma mémoire.
Mais en quatre ans, je crois qu’on a surtout grandi ensemble.
Il y a quatre ans, j’étais un mauvais designer, j’étais mal habillé
et bien moins éveillé sur un tas de sujets. Toi, tu étais déjà très
intelligente, très autonome et magnifique. Tu as quand même gagné
un peu en efficacité depuis (vraiment un peu).
Je pense, et j’espère ne pas trop m’avancer en disant ça, que j’ai
un peu participé à faire de toi la personne que tu es aujourd’hui,
même si 97 % du mérite te revient évidemment.
Je suis très fier d’avoir été ton copain pendant ces quatre années,
mais je suis surtout très fier de la personne que tu es devenue.
Une femme forte, sûre d’elle, autonome, intelligente, un avion de
chasse (il faut le dire quand même).
Et je crois que, de mon côté, tu as énormément participé à la
personne que je suis aujourd’hui.
Parce qu’en quatre ans, il n’y a pas que nous qui avons grandi,
notre relation aussi a beaucoup évolué. Et particulièrement de mon
côté, parce que j’avais sans doute bien plus de choses à apprendre
que toi.
J’ai mis du temps à comprendre ce que je cherchais vraiment dans
une relation, et surtout ce que représentait l’amour pour moi.
Pendant longtemps, j’ai eu tendance à le comparer à des histoires
plus passionnelles, plus intenses, mais aussi beaucoup moins
saines. Je crois que je confondais parfois l’intensité des
sentiments avec leur profondeur.
Avec toi, j’ai découvert autre chose. Un amour fort, stable et
constant, qui n’avait pas besoin d’être fait de grands
bouleversements pour prendre de plus en plus de place. Un amour qui
a grandi de jour en jour, presque sans que je m’en rende compte,
jusqu’à devenir une évidence.
Je sais qu’on n’a pas toujours eu le même ressenti sur cette
évolution, et je ne veux surtout pas prétendre que tu l’as vécue
comme moi. Mais c’est aussi pour ça que j’écris tout ça, pour te
partager ce que j’ai sur le cœur.
Avec le temps, tu es devenue bien plus que ma copine. Un véritable
pilier, un appui au quotidien sur lequel je pouvais compter,
quelqu’un qui croyait en moi quand je doutais et avec qui j’avais
envie de partager absolument tout. Tu es devenue une partie de mon
équilibre, de mes habitudes, et finalement de la manière dont je me
définis aujourd’hui.
Et maintenant, j’ai peur. Je ne sais pas encore très bien comment je
vais faire sans mon acolyte à mes côtés. Sans toi pour me soutenir
dans mes projets, pour m’encourager dans mes idées parfois un peu
farfelues, pour m’écouter raconter ma journée ou simplement pour
passer du temps avec ma personne préférée au monde.
Parce qu’au fond, dans toutes ces journées qu’on a passées ensemble,
j’ai aimé tellement de choses. Les journées à ne rien faire, à
traîner au lit, les centaines de repas bien trop copieux qu’on a
partagés (j’y reviens encore, mais il faut dire que ça occupait une
place importante dans notre relation), les nombreuses soirées,
voire les nuits de travail acharné, les aventures à Malte, à
Ceillac, en Bretagne et tous ces moments auxquels je ne pense même
pas encore.
Je crois que c’est aussi ça que j’aimais dans notre relation. On
n’avait pas forcément besoin de faire quelque chose d’extraordinaire
pour être bien ensemble. J’aimais simplement partager mon quotidien
avec toi.
Et aujourd’hui, j’ai encore du mal à réaliser que tout ça est
terminé. Je comprends les raisons qui nous ont amenés là, mais je
n’arrive pas encore à me faire à cette idée. Qu’après avoir partagé
autant de choses, il faille maintenant apprendre à vivre nos
journées chacun de notre côté.